Rentrer dans l’image – installation photographique de Nicole Congard

Mon parcours, hier et aujourd’hui
Je suis née dans une forêt d’immeubles en région parisienne. Depuis lors, la nature
m’est une source d’inspiration forte.
La photographie est l’histoire forte de mon père, de mon frère, de mes compagnons.
Elle m’a accompagnée de tout temps presqu’à mon insu.
De mon côté, des expositions, de peinture principalement, l’animation d’ateliers, mon
travail d’infographiste, retracent mon parcours de plasticienne.
La photo est alors un outil, pas plus.
Puis survient la période si spéciale de l’épidémie COVID et ses questions de la liberté
de mouvement.
Ces contraintes finissent de faire éclore chez moi un tout autre rapport à la photo. Je ne
la vois plus uniquement pour son côté utilitaire, mais pour elle-même, une recherche et
une pratique à part entière.
Un témoin du présent, du temps.
Un puissant révélateur des paysages intérieurs.

Installation photographique
« Rentrer dans l’image » (titre)
Le parfum des forêts
Un pas dans la brume
Des rondins de bois
Rentrer dans l’image
Pour cette installation photographique, j’ai posé l’intention d’une expérience. C’est
l’expérience « d’entrer » avant l’expérience de « regarder ». Comme on entrerait dans
une forêt, pas à pas.
Mon propos; engager le corps avant l’esprit.
C’est un peu comme cela que je me mets en route avec pour la photo
qui surviendra suite à mes pas, mes déplacements.
Le sentiment de me trouver d’une grande disponibilité intérieure qui précède.
Avant la capture photographique : me laisser surprendre, me laisser envahir par cette
impression que tout est possible.
La sensation aussi de commencer à lever le voile des mystères terrestres et humains;
de la perte, de l’absence.
Un espace dans lequel je trouve la liberté d’exprimer une certaine mélancolie qui n’est
jamais très loin.
Les lumières diaphanes, les atmosphères évanescentes, le brouillard, la brume, qui
s’effacent peu à peu sont des fenêtres, des portes, pour moi, vers l’invisible, l’illisible.
Ce sont mes sujets positivement obsessionnels.
Et puis il y a cet élan de transformation ; transformer la photo. L’ancrer par une action
au delà de la prise de vue.
Rephotographier la photo, y rajouter des touches de couleur; une fleur, une plume, des
symboles de legereté, de fragilité…
Parallèlement, je brode des photos. Des chemins des lignes des liens. C’est également
une action de transformation, extérieure et intérieure.
Un travail artisanal délicat qui inscrit cette transformation, grâce au temps qu’il faut pour le faire.

 

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